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MOURIR À SOI

Mis à jour : 12 mars 2018




Tout est partie d’un article que j’ai lu un matin. Agrémenté par une conversation le midi. Et dont le point final est apparu dans ma tisane « Yogi Tea » dans l’après-midi : « Quand l’égo est perdu, l’universalité existe ».

Laisser tomber l’ego c’est mourir en quelque sorte, mourir à soi. Arrêter de cultiver le paraître, le devoir être, laisser partir l’inutile, le superflus, pour pouvoir enfin se fondre dans le tout.


Accepter de n'être rien d'abord.

Rien qu'une petite fourmi, qu'une petite chose insignifiante vu du cosmos, qui vit dans le monde qu'elle s'est crée, l'articulant autour de bons et de mauvais moments, un monde qui répond à ses croyances, à ses peurs, à son envie de se divertir. Un monde en carton pâte qui parait si peu naturel vu du ciel...

Oui, vu de si haut, il semble dérisoire de s'attacher à toutes ces choses réconfortantes, il parait ridicule de tant attendre de la matière, car si elle est nécessaire, elle ne devrait pas nous définir.

C'est comme prendre l'ascenseur et assister soi-même à la partie que notre propre joueur est en train de mener. En tant qu'observateur, toutes ces stratégies mises en place, ces jeux de pouvoirs, ces masques et rôles qu'on se donne, semblent dérisoires. Prendre de la hauteur permet de se dissocier des enjeux, des émotions, des peurs et des croyances limitantes qui nous poussent à jouer un rôle qui n'est pourtant pas le notre.

Changer notre regard sur nous-même et notre monde permet de relativiser et de voir les choses telles quelles sont : insignifiantes au regard du tout. Une partie de notre identité s'envole du même coup, inutile désormais par rapport à cette nouvelle perspective.

Il est difficile de laisser mourir ce qu'on a mis si longtemps à construire, mais il est fou de vouloir poursuivre sur une voie que l'on sait vaine, et encore plus de vouloir que les choses évoluent sans avoir le courage de ne rien changer.

Apprendre à mourir c'est accepter de considérer sa vie comme un jeu, une expérience initiatique visant à nous confronter à nos peurs. Mourir à soi c'est avoir le courage de mettre l'égo de côté et de se considérer avec humilité, comme une minuscule particule d'un tout bien plus grand. Se dissocier de l'égo, c'est comprendre que la sécurité, le confort, les divertissements quotidiens contribuent à nous couper de nous-même. Il s'agit de reprendre les rênes de notre vie, sans plus nous soucier du regard de l'autre, en restant toujours vigilant vis à vis de cette part de nous qui souhaite être vue, reconnue, aimée, approuvée.


Reconnaitre faire partie du Tout.

S'il est nécessaire de laisser mourir l'égo, cette partie de nous qui nous fait briller en société, qui définit notre valeur au nombre de biens que nous possédons, ou au statut social que nous avons, il est plus important encore de se rappeler que nous faisons partie d'un grand tout, qui dépasse chacune des individualités incarnées ici. Faire partie du Tout s'est reconnaitre que seuls nous ne sommes rien, et qu'il n'y a qu'ensemble que nous pouvons nous définir. Mourir à soi, abandonner ses croyances, c'est permettre à la magie de se réaliser, c'est accepter que le monde ne tourne pas selon nos perceptions limitées, mais qu'il s'articule au sein d'un univers complexe où se mêlent de multiples surprises.


La mort nous unit, elle nous rassemble tous dans son néant, et donne l'impulsion nécessaire à notre vie. C'est parce qu'elle existe que notre vie prend tout son sens. C'est parce qu'elle est inévitable qu'il est vain de vouloir l'oublier à travers le divertissement d'une vie trépidante. S'abandonner à la mort, c'est accepter que la vie ne peut être autre chose qu'un délaissement constant de toutes nos peurs et nos blessures afin de nous préparer à l'accueillir pleinement. Ne perdons pas de temps, préparons-nous à la mort en vivant vraiment.


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